Sensible à la « French Touch », le marché américain recèle de nombreuses opportunités pour les entreprises françaises qui savent adapter leur ore.

Cette année encore, nombreuses sont les start-up et entreprises françaises venues tenter leur chance au CES de Las Vegas, la grand- messe américaine de l’innovation et de l’électronique grand public. « Une belle opportunité pour rencontrer des interlocuteurs et prendre la température du marché », s’enthousiasme Cyril Darmouni, associé du réseau Exco, qui exerce en Floride, en Californie et prochainement à New York, d’où il accompagne de nombreuses filiales et entrepreneurs français.

4.800 entreprises françaises sont actuellement implantées aux Etats-Unis où elles ont créé près de 680.000 emplois. Le marché américain compte 325 millions de consommateurs potentiels et la fiscalité y est particulièrement intéressante : « Depuis le 1er janvier 2018, le taux d’imposition sur les sociétés est de 21 %, contre 34 % auparavant, c’est l’un des plus bas parmi les pays de l’OCDE », souligne Cyril Darmouni.

1. Adapter son offre

Avant de se lancer, l’entrepreneur doit s’interroger sur la solidité de sa société. « Davantage que le chire d’aaires, c’est l’état de la trésorerie et de l’endettement qu’il faut scruter », préconise le directeur d’Exco US. Il s’agit également d’être en capacité de répondre à la demande en matière de production et de logistique. « Une entreprise française qui entend être distribuée chez un géant américain doit pouvoir produire des volumes très élevés,

et reprendre les éventuels invendus. Il faut pouvoir suivre ! », prévient Cyril Darmouni.

L’étude de marché sera essentielle, de manière à cerner les attentes des futurs clients et valider l’ambition d’internationalisation. « Rien ne garantit que le marché américain aura de l’appétence pour le produit ou service de l’entreprise. Celle-ci doit donc être en mesure d’adapter son ore », dit-il.

Et pour améliorer sa compréhension du marché, rien de tel que de se rendre sur place ! Les visas professionnels B1 et B2 sont justement prévus pour la prospection commerciale.

2. S’appuyer sur un partenaire local

Reste que l’un des piliers de l’internationalisation est de ne pas se lancer dans l’aventure en solo. Se rapprocher au plus tôt d’un partenaire local qui connaît les rouages du marché américain doit être une priorité. S’entourer, tout au long du développement du projet, d’experts-comptables, avocats d’aaires et autres fiscalistes, permet de se tenir au courant des diérentes aides américaines : prêts à long terme de l’Economic Development Administration, garanties pour prêts de la Small Business Administration, etc. « Les chambres de commerce américaines fournissent volontiers les coordonnées de ces référents experts, qui peuvent également être identifiés via les experts-comptables et les avocats français disposant pour la plupart de correspondants aux états-Unis », note Cyril Darmouni.

3. Éviter les mégapoles pour commencer

L’accompagnement d’un spécialiste permet aussi de choisir la structure fiscale la plus intéressante, les grandes typologies d’entreprises étant les LLC (l’équivalent de nos SARL) et les C Corp (qui se rapprochent des sociétés anonymes). « Quand le projet en est à ce stade, l’entrepreneur peu s’emparer du sujet de l’immigration. Le visa L1, par exemple, est adapté aux filiales, alors que le visa E2 s’adresse plutôt aux investisseurs disposant d’au moins 100.000 dollars », précise l’expert.

Le lieu d’implantation sera enfin déterminant : « Cibler dès le départ une grande métropole, à l’instar de New York, n’est pas la meilleure option, car les coûts y sont très élevés. Démarrer dans une ville en développement, par exemple Austin, Charlotte, Denver ou encore Nashville, augmente les chances de réussite. Ensuite, une fois que le modèle économique a fait ses preuves, l’entreprise sera prête à se déployer dans d’autres Etats », explique Cyril Darmouni.

Source : Les Echos – Julie le Bolzer