Cyril Darmouni, co-fondateur du cabinet Exco US, explique comment réussir son projet dans un autre pays

S’implanter à l’étranger, mode d’emploi

DANS UNE ÉCONOMIE globalisée, il est tentant de ne pas vouloir se restreindre aux frontières de l’Hexagone. C’est un choix qui peut s’avérer gagnant et même lucratif, à condition de bien se préparer. Démarches administratives, budget, impératifs… Cyril Darmouni, co-fondateur du cabinet parisien Exco installé aux Etats-Unis, fait le point.

Comment préparer un projet d’installation à l’étranger ?

Le travail de prospection en amont est indispensable pour prendre la mesure du marché local et de ses spécificités.

Un solide projet de création d’entreprise en France ne l’est pas forcément dans un autre pays où les habitudes de consommation diffèrent. Je recommande de se rendre sur place pour découvrir le pays et ressentir ses particularités afin d’adapter le business plan. Certains pays offrent un cadre légal à ces recherches, comme le visa B-1 aux Etats-Unis, valable 6 mois et renouvelable 6 mois supplémentaires.

Est-ce plus difficile à financer qu’une création d’entreprise en France ?

À projet égal, il faut effectivement prévoir une mise de fonds plus importante car, en tant qu’étranger, vous risquez de ne recevoir l’aide d’aucune banque sur place. Je constate d’ailleurs que la majorité des échecs provient d’une sous-estimation de ce budget initial. D’expérience, je déconseille de venir aux Etats-Unis sans une réserve personnelle d’au moins 150 000 $ (NDLR : environ 135 000 €), permettant à la fois de lancer son projet professionnel mais aussi de subvenir aux besoins du quotidien.

Existe-t-il des particularités selon les régions du monde ?

Oui, il est par exemple logiquement plus facile pour un Français de pénétrer le marché d’un autre pays de l’Union européenne, surtout dans la zone Euro. Le marché américain (Etats- Unis, Canada) est financièrement difficile d’accès mais il est légalement bien cadré.

Le marché asiatique est, lui, très compliqué administrativement. Quant au marché africain, il est à la fois moins cher et moins réglementé, mais aussi moins lucratif…

Par qui peut-on se faire aider ?

Pour la partie prospection et business plan, l’aide juridique d’un expert-comptable ou d’un avocat d’affaire est précieuse. Des cabinets français ont des antennes dans certains grands pays d’émigration, de façon à aider les expatriés. Mieux vaut aussi faire appel à un avocat de l’immigration pour les questions de visas. S’agissant des ambassades et consulats, elles peuvent apporter une aide administrative mais ne s’impliquent pas sur les problématiques professionnelles.

Source : Le Parisien